RFI – «Les Centrafricains veulent tourner la page et construire un nouvel avenir»

Notre invité ce matin est le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault, de retour de Centrafrique, où il a assisté hier, mercredi 30 mars, à l’investiture du nouveau président Faustin-Archange Touadéra. Le chef de la diplomatie française répond aux questions d’Anne Cantener.

Ecoutez cette interview en audio sur le site de RFI : http://www.rfi.fr/emission/20160331-emission/20160331-ayrault-rca-tourner-page-nouvel-avenir-touadera-diplomatie

faustin archange touadéra investiture RCAA Bangui le 30 mars 2016, en République centrafricaine, lors de l’investiture du Président Faustin-Archange Touadéra.

RFI : Vous venez d’assister à l’investiture du nouveau président en Centrafrique. Faustin-Archange Touadéra a exprimé ses priorités. Pour cela, il va falloir de l’argent, un soutien financier. Dans quelle mesure la France peut s’engager aux côtés de la Centrafrique ?

Jean-Marc Ayrault : La France fait confiance à la Centrafrique et ce qui vient de se passer est un signe majeur : les Centrafricains veulent tourner la page et construire un nouvel avenir. Donc il faut continuer à les aider. Il faut à la fois aider les autorités à installer une force de sécurité, qu’elles puissent contrôler, [éviter] tout affrontement, donc il faut désarmer les milices. Puis il faut aider ce pays à mettre en place les institutions et surtout à mettre en œuvre des projets de développement économique. Il est évident que nous n’avons pas le droit de laisser tomber la République centrafricaine

Une fois que les milices seront désarmées, il faut que les forces de sécurité centrafricaines soient capables d’assurer la sécurité justement sur le territoire centrafricain. Quelles sont les mesures que peuvent prendre la France et l’Union européenne pour soutenir cette armée en reconstruction ?

La France et l’Union européenne vont d’ici l’été mettre en place une action de formation des forces de Centrafrique, non pas seulement à Bangui dans la capitale, mais sur l’ensemble du pays, dans les provinces. Ce qui veut dire aider à l’installation de cantonnements, même simples. Donc tout ce travail, nous voulons le faire avec les Centrafricains. Et l’Union européenne est prête. La décision est prise et le calendrier [sera] fixé avant l’été.

De nombreuses autres élections sont prévues cette année en Afrique, notamment au Tchad la semaine prochaine. Certains militants de la société civile doivent comparaître ce jeudi devant la justice. Ils avaient été arrêtés alors qu’ils s’apprêtaient à manifester contre la candidature du président Idriss Déby. Comment s’annoncent ces élections, selon vous ?

Ce qui est important au Tchad, c’est d’observer si l’opposition participe à ces élections. Si elles boycottaient les élections, ça serait un signe très inquiétant. Ce n’est pas le cas puisque l’opposition a décidé de participer aux élections qui auront lieu le 10 avril. Le souhait que nous pouvons exprimer, c’est que ces élections se passent dans le calme. Chaque fois qu’une élection a lieu et qu’elle se déroule normalement, démocratiquement dans la transparence et le débat, c’est un plus pour le pays.

Il y a eu une élection aussi récemment au Congo-Brazzaville. La France a parlé de climat préoccupant. La France en revanche n’a pas parlé ouvertement d’irrégularités lors du scrutin, ce qu’ont fait par exemple les Etats-Unis. Comment expliquer cette différence de ton ?

Chaque pays s’exprime à sa façon. En tout cas, ce qui est sûr c’est que la France n’est pas favorable à ces modifications constitutionnelles permanentes qui ont pour objet de maintenir au pouvoir un chef d’Etat qui est là depuis des dizaines et des dizaines d’années. Ce n’est pas bon pour aucun pays. Alors il y a des pays – je pense au Burundi, à la République démocratique du Congo -, qui sont tentés par des réformes constitutionnelles de même nature. Et là on voit bien que ça crée des troubles et ça créé de la tension et des dangers. Il faut vraiment que dans tous ces pays, la raison démocratique l’emporte.

Je reviens sur la République démocratique du Congo. Des élections sont prévues cette année, une présidentielle en principe avant la fin de l’année 2016. Est-ce que vous avez l’espoir de voir se tenir ce scrutin dans les délais constitutionnels ?

Il faut le souhaiter, mais à condition qu’aucun obstacle n’y soit mis. Et encore une fois, l’objet de ces élections, ce n’est pas de modifier les règles et de maintenir au pouvoir telle ou telle personnalité, mais c’est de donner la parole au peuple. C’est ça la priorité.

Vous vous êtes rendu récemment en Côte d’Ivoire après l’attentat à Grand-Bassam. Vous aviez promis un soutien de la France dans la lutte contre le terrorisme. Quelle forme peut prendre ce soutien français ?

D’abord, il y a énormément d’engagements pris en matière de renseignements et d’échanges de renseignements, des aides techniques aussi. Il faut poursuivre dans cette direction et en même temps, il ne faut pas oublier que ces terroristes circulent. Ils venaient du nord du Mali, ils peuvent venir aussi de Libye. Donc il faut continuer à régler les conflits qui génèrent du terrorisme. Les Accords d’Alger qui sont des accords qui visent à la réconciliation entre le nord et le reste du Mali, il faut maintenant les mettre en œuvre. C’est un facteur de stabilité pour ce pays.

Et puis il y a la Libye, qui est un sujet central de préoccupation, et sans gouvernement légal, et sans gouvernement d’union nationale rien n’est possible. Mais aujourd’hui, c’est le chaos d’abord pour le peuple libyen, et ensuite c’est Daech qui en profite. Et Daech menace, menace la Tunisie, menace le Niger, menace l’Egypte, menace l’Algérie. Et avec tous ces pays-là, nous avons déjà discuté. Puisque ça ne bouge pas assez, nous allons prendre encore de nouvelles initiatives parce qu’il y a urgence, parce que les choses avancent en Libye.

De nouvelles initiatives, ça signifie des sanctions par exemple ?

Les sanctions font partie du dispositif. Maintenant, ça y est, l’Union européenne est d’accord et il faut passer à l’acte.

On a beaucoup parlé de politique, je voulais vous parler d’économie. Votre prédécesseur comptait miser sur l’Afrique. Est-ce que vous comptez poursuivre dans cette voie ? Et est-ce que vous avez déjà quelques projets identifiés ?

En matière de transition énergétique, c’est vrai que le continent africain, pour ses propres besoins et aussi en s’inscrivant avec un temps d’avance par rapport à de nouvelles donnes mondiales climatiques, fait partie des chantiers prioritaires. Mais il y en a d’autres : les communications ; vous avez le numérique. Mais nous avons aussi à avoir une approche globale de l’Afrique, pas seulement l’Afrique de l’Ouest. Je pense au Nigeria, je pense à l’Afrique du Sud, je pense à l’Angola, l’Ethiopie, le Kenya, la Tanzanie. D’ailleurs concrètement, nos entreprises y sont déjà.

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Pourquoi je vais voter la confiance au Gouvernement

Je me suis exprimé ce lundi 15 septembre 2014 dans une tribune publiée dans Le Monde, pour expliquer les raisons qui me conduisent à voter la confiance au Gouvernement demain à l’Assemblée nationale.

Jean-Marc Ayrault appelle à voter la confiance au gouvernement

LE MONDE | 15.09.2014 à 10h19 | Par Jean-Marc Ayrault (ancien Premier ministre PS)

La France traverse une crise économique et sociale profonde. L’Europe peine à sortir du marasme né de la crise financière de 2008. Les tensions internationales sont à un niveau inégalé depuis la fin de la guerre froide.

Dans cette période exceptionnellement difficile pour notre pays et notre continent, la majorité doit soutenir le président de la République dans son engagement pour redresser notre pays, réorienter l’Europe et peser sur le règlement des conflits internationaux. Sauf à prendre le risque de l’impuissance des pouvoirs, elle doit faire bloc.

Le soutien n’est pas l’uniformité. Le débat est sain. Les propositions alternatives sont précieuses. C’est l’honneur d’un pays dont la culture démocratique est ancienne et profonde, de savoir organiser la confrontation des idées pour clarifier les choix et dégager les compromis indispensables. C’est l’essence d’un gouvernement social-démocrate de chercher à prendre en compte les aspirations de toutes les composantes de sa majorité et de veiller à donner toute leur place aux partenaires sociaux dans le redressement du pays.

JE VOTERAI LA CONFIANCE AU GOUVERNEMENT

Ne nions pas les différences. Elles sont naturelles et animent la gauche depuis toujours. Mais nous avons toujours voulu et su les surmonter pour répondre aux attentes des Français. C’est ce qu’ils nous demandent à nouveau aujourd’hui : ne pas surjouer nos désaccords, rejeter les stratégies purement médiatiques et personnelles et nous rassembler dans l’intérêt du pays. N’ajoutons pas une crise politique à la crise économique et sociale. Faisons preuve de vertu républicaine en agissant avec courage, malgré l’impatience et les déceptions.

Je voterai donc la confiance au gouvernement. Je la voterai, car la priorité est au rassemblement pour poursuivre le redressement de la France. C’est d’abord un acte de confiance dans la capacité de la France à se mobiliser.

Il faut voter la confiance, non par discipline, mais par respect de l’éthique de responsabilité qui nous a toujours guidés. Nous avons demandé aux Français beaucoup d’efforts. Ils sont dans le doute. Ils aspirent à retrouver une France dynamique, prospère et plus juste.

ON NE REDRESSE PAS UN PAYS EN DEUX ANS

Mais la France a trop longtemps différé les réformes audacieuses. La compétitivité de ses entreprises s’est dégradée, le niveau trop élevé de la dépense publique a nourri l’augmentation du déficit et de la dette, les inégalités sociales et territoriales se sont accrues. Les réformes indispensables à l’avenir de notre pays ont été enfin lancées dès 2012. Le rythme ne faiblit pas. Nous comprenons les impatiences. Elles sont légitimes quand le chômage atteint des niveaux aussi élevés. Mais nous savons tous qu’on ne redresse pas un pays en deux ans.

Voter la confiance, c’est permettre à la France de peser de tout son poids pour réorienter l’Europe. Ne prenons pas le risque de l’affaiblissement de la France, quand les attentes à l’égard de l’Europe ont rarement été aussi fortes. Sur la crise ukrainienne, les relations avec la Russie, la lutte contre le terrorisme, la relance de la croissance européenne, les investissements énergie et climat, la stratégie numérique et les grandes infrastructures, l’engagement de l’Europe doit répondre aux espoirs des peuples européens.

Cela impose un dialogue sincère et exigeant entre la France et l’Allemagne. Non pas pour demander une quelconque facilité, la France décidant elle seule de ce qu’elle doit faire, mais parce que l’accord entre nos deux pays est indispensable pour relancer la croissance en Europe et recréer un projet européen ambitieux. La gravité de la situation l’exige. Leur responsabilité est historique.

UN SURSAUT EST NÉCESSAIRE

J’en ai la conviction, il est possible, dans un monde en profonde mutation, de réussir le redressement de notre pays et de conserver notre influence en Europe et dans le monde, sans pour autant renoncer à notre modèle social et républicain, mais à la condition de le réformer profondément. C’est ce qui donne sens à mon engagement d’homme de gauche, avec la préoccupation constante d’être fidèle aux principes d’égalité, de justice et de redistribution qui sont au coeur de ce modèle.

Avec la certitude, également, que les principes du social-libéralisme appliqués ailleurs ne le permettraient pas. Le pacte de responsabilité et de solidarité, pour réussir, doit déboucher sur de véritables négociations et de réelles contreparties. Ne prenons pas le risque d’affaiblir l’indispensable dialogue social ! Je considère aussi qu’une réforme profonde de notre fiscalité, pour un système fiscal plus juste, plus simple et plus efficace, reste incontournable.

La France a tous les atouts pour regarder l’avenir avec confiance. Ce n’est pas le moment de renoncer. Un sursaut est nécessaire. Sachons nous rassembler autour de l’ambition et des valeurs que doit incarner un gouvernement social-démocrate. Nous débattrons cet automne, lors de l’examen des projets de loi de finances, de la meilleure route pour suivre le cap fixé par le président de la République. Ce sera notre responsabilité de représentants de la nation de veiller à ce que ce débat ait lieu.

Mais soyons patients, agissons dans la durée. C’est ainsi que toutes les grandes réformes ont été mises en oeuvre dans notre pays. Et c’est ainsi que nous devons agir pour poursuivre le redressement de la France.

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Réception du prix Carlo Schmid par Frank-Walter Steinmeier, ministre Fédéral allemand des Affaires étrangères

Frank-Walter Steinmeier, ministre Fédéral allemand des Affaires étrangères, m´a remis aujourd’hui à l’Ambassade d’Allemagne le prix Carlo Schmid qui récompense mon action en faveur du rapprochement entre l’Allemagne et la France. C’est avec une grande fierté et beaucoup d’émotion que j’ai reçu ce prix.

Voici le texte de mon discours: Discours JM Ayrault- Réception du prix Carlo Schmid 14 mai 2014

 

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Meeting européen de soutien à Martin Schulz, candidat à la présidence de la Commission européenne

Photo de Mathieu Delmestre @Parti socialiste

J’étais lundi soir à Rezé pour participer au meeting de soutien à la candidature de Martin Schulz aux côtés d’Isabelle Thomas, tête de liste de la circonscription Ouest, en présence de Jean-Christophe Cambadelis, de Johanna Rolland, maire de Nantes, et de Gérard Allard, maire de Rezé.

Ce meeting a été pour moi l’occasion de rappeler avec force l’importance du vote du 25 mai qui, pour la première fois, donne la possibilité aux électeurs européens de choisir le Président de la Commission et de voter pour un changement de politique européenne.

C’est le sens du vote pour le candidat social-démocrate: voter pour Martin Schulz, c’est voter pour la réorientation de l’Europe. Il est le seul à porter cette volonté d’un destin commun qui manque à l’Europe. Cette alternative est la seule force capable de la porter et de constituer en Europe une majorité de progrès, de retrouver l’ambition d’un projet collectif.

Voici le texte de mon intervention: Discours Jean-Marc Ayrault- Meeting européen avec Martin Schulz 12 mai 2014

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Merci et à bientôt

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Mobilisons-nous, rien n’est encore fait!

Voici venues les dernières heures de cette campagne tant attendue.

Cette élection est cruciale, pour nous, notre avenir, celui de nos enfants, notre pays, nos valeurs mais aussi pour l’Europe. J’ai confiance dans la force du vote des Français.

Plus le vote en faveur de François Hollande sera fort, mieux il pourra redresser la France, restaurer ses valeurs, rassembler et réconcilier les Français.

Plus le vote en faveur de François Hollande sera net, mieux il pourra réorienter l’Europe dans le sens de la croissance et du progrès, et créer les conditions du retour de la confiance dans l’idée européenne, aujourd’hui galvaudée.

Plus le vote en faveur de François Hollande sera élevé, plus la volonté des Français sera affirmée.

Sondage n’est pas suffrage, alors votez, faites voter, continuez de convaincre jusqu’au dernier moment: dimanche, le changement c’est dans les urnes!

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L’élection présidentielle française résonne bien au-delà de nos frontières

L’élection présidentielle française résonne bien au-delà de nos frontières et nos voisins allemands sont extrêmement attentifs à son issue. Ainsi, des militants du SPD de la Sarre sont venus nous rejoindre pour faire campagne à Nantes, et surtout nous dire à quel point une victoire de François Hollande est souhaitée outre Rhin: elle seule permettra d’enclencher un redressement de l’Europe et une réorientation de la France et de l’Europe en faveur de la croissance.

Le candidat sortant n’a de cesse de déclarer à qui veut l’entendre que l’Allemagne « ne voudrait pas discuter ». Mais il y existe un débat, une discussion intéressante au sein de l’opinion publique et des partis: la lutte contre la dette et les déficits doit être menée, mais elle ne saurait être la seule alternative. Elle doit s’accompagner d’un volet de croissance qui permettra de retrouver une dynamique économique.

C’est le message que n’a cessé de porter François Hollande depuis le début, avec force, cohérence et conviction. Ce message est entendu et attendu non seulement outre Rhin, mais aussi par les instances européennes et d’autres pays européens qui voient bien dans quelle impasse les politiques uniquement guidées par l’austérité les ont placés.

Nous savons à quel point la réconciliation franco-allemande fut un moteur de l’Europe. Il n’y a pas d’Europe sans une étroite collaboration entre nos deux pays. Il s’agit donc de renforcer cette amitié avec l’Allemagne mais aussi avec nos autres partenaires Européens. François Hollande se rendra donc à Berlin dès le lendemain de son élection pour discuter avec Madame Merkel.

La France n’est pas n’importe quel pays. Ce qui se passe chez nous a des répercussions bien au-delà de nos frontières. Cette élection est cruciale, non seulement pour nous, pour notre avenir, celui de nos enfants, notre pays, nos valeurs mais aussi pour l’Europe. Mais la force de la voix de la France est liée à la force du suffrage que lui apporteront les Français.

J’ai confiance dans la force du vote des Français. Plus le vote en faveur de François Hollande sera net et fort, mieux il pourra relancer l’Europe et créer les conditions du retour de la confiance dans l’idée européenne, aujourd’hui galvaudée.

A voir aussi, ce reportage d’I>Télé sur le même sujet:

 

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Le muguet, fleur des luttes sociales

J’ai été heureux de retrouver ce midi les producteurs de muguet pour une traditionnelle rencontre autour de l’un des ambassadeurs de Nantes en France et en Europe. Les célèbres clochettes nantaises, reines du 1er mai, sont en effet une culture, un savoir-faire, un secteur économique  et un patrimoine.

Une culture : le muguet, c’est la fleur des rois et surtout des luttes sociales. La tradition du muguet remonterait au roi Charles IX qui en 1561 en offrit aux dames de la cour en souhaitant qu’il leur porte bonheur. De la galanterie, le muguet est devenu la fleur des luttes et des revendications sociales. Il y a le temps des cerises et celui du Muguet. Depuis un siècle, il est associé à la fête du travail instauré en mémoire des morts de la manifestation du 1er mai 1886 à Chicago en faveur de la journée de travail de 8h. Popularisé par le Front populaire et les premiers congés payés en 1936, il est aujourd’hui un élément de notre patrimoine national, social et bien entendu nantais.

Mais le muguet, c’est surtout un savoir-faire et un secteur économique. Le pays nantais est la région par excellence du muguet avec 80 % de la production nationale, soit 60 millions de brins. En 1920, les maraîchers nantais produisaient déjà 1200 colis de muguet dont la moitié était expédiée à Paris. Aujourd’hui, dans la région nantaise, la culture occupe 200 hectares, répartis sur une demi-douzaine de communes.

Les « clochettes » participent à la renommée de la région nantaise et de la filière maraîchère dont elles sont l’un des fleurons. Une filière économique qui est un atout de notre région et que nous devons valoriser et soutenir dans le contexte de marasme et de grande inquiétude du monde agricole. Car si le nombre de producteurs ne cesse de chuter, la production, qui demande de lourds investissements, elle, ne baisse pas et c’est un secteur d’emploi qui embauche environ 7000 saisonniers autour de Nantes. Et ce travail saisonnier favorise souvent l’accès à l’emploi pour des travailleurs précaires.

C’est pourquoi, depuis avril 2004, la Maison de l’Emploi et la Métropole Nantaise et la Fédération des Maraîchers Nantais animent la convention « 40 emplois maraîchers ». Cet engagement commun vise le recrutement de demandeurs d’emploi résidants sur la métropole nantaise et plus particulièrement sur les quartiers dits prioritaires.

Pour les producteurs, cette collecte est un défi chaque année. Le muguet est la seule production florale attachée à une seule journée par an : le 1er mai.

Ce défi, ils le relèvent sans cesse, pour le bonheur et la joie de tous les Nantais qui aspirent à un cadre de vie agréable. Car dans l’agglomération nantaise, notre patrimoine vert, agricole, horticole, est une richesse qui participe à notre qualité de vie et font aussi que Nantes sera la capitale verte de l’Europe en 2013. La valorisation, la protection et la préservation de ce patrimoine font partie intégrante du projet de développement durable que nous mettons en œuvre pour Nantes et son agglomération.

Je vous souhaite à toutes et à tous un beau 1er mai !

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Honorer la mémoire et l’œuvre de la Résistance est un devoir

Les générations passent, le temps arrive où les témoins et les acteurs de ces sacrifices admirables ne seront plus. Ces hommes et ces femmes qui refusèrent l’occupation, la fatalité, la soumission, la défaite, combattirent le nazisme et le régime de Vichy.

Il y a un  an disparaissait André Chauvel, grande figure de la Résistance, homme d’honneur et de courage, patriote défenseur des valeurs fondamentales de notre République. J’ai tenu, en mon nom et en celui de l’ensemble du Conseil Municipal, à renouveler l’expression de la reconnaissance et du profond respect de la Ville de Nantes pour ce grand Résistant nantais, humaniste engagé, qui avait fait de la transmission de la mémoire un devoir.

Combattant de la liberté, résistant dès 1940, au sein du réseau nantais de renseignements « Cohors-Asturies », André Chauvel fut arrêté en janvier 1944, pour être déporté à Mauthausen où il endurera des souffrances sans nom. Seul survivant de son groupe, il recouvre la liberté au cours de l’été 1945.

Au-delà de son parcours personnel exemplaire, il perpétua, sans relâche, auprès des jeunes générations le souvenir de ceux qui luttèrent contre le nazisme et pour notre liberté. André Chauvel créa à cet effet l’association « Les Relais de la Mémoire » qu’il présida pendant plus de trente ans et qui continue de transmettre aux collégiens et lycéens la mémoire de cette histoire et de ses protagonistes. Un devoir de mémoire qui se traduit notamment chaque année par le concours départemental de la Résistance et de la Déportation.

André Chauvel appartenait à cette génération qui s’est engagée par esprit de solidarité et de fraternité, d’abnégation et de courage et qui a su dire « non » pour notre liberté. Il était de ces résistants qui se sont battus, ont versé leur sang et donné leur vie pour une société plus juste et égalitaire, libre et démocratique.

Nous serons toujours débiteurs de ces hommes et de ces femmes qui ont porté ces valeurs démocratiques et sociales et qui, après guerre, ont reconstruit la France sur un nouveau modèle social.

Honorer la mémoire et l’œuvre d’André Chauvel et de tous les Résistants est un devoir moral. C’est une nécessité contre l’oubli et pour la défense des principes républicains de liberté, d’égalité et de fraternité. C’est construire la démocratie et la paix en Europe en permettant à tous de réfléchir et de tirer des enseignements de leur engagement et des valeurs qu’ils défendirent.

La crise que nous traversons aujourd’hui vient à nouveau nourrir la peur, la xénophobie, le racisme, l’antisémitisme, le populisme, des idéologies de haine et de rejet de l’autre que les sacrifices d’il y a 70 ans auraient dû à jamais terrasser. Tirer les enseignements du passé, regarder ce qui fut alors demeure une œuvre indispensable pour se prémunir contre ces idées et ces actes inacceptables.Face aux grands défis du monde, des crises économiques, sociales, environnementales, face au risque de repli sur soi : commémorer les valeurs et les acquis de la Résistance, rappeler ce qui a conduit à ces combats, à ces déportations, à ces sacrifices qui sont au fondement du programme du Conseil national de la Résistance, est la meilleure façon de rendre hommage et de rester fidèles à ces idéaux afin d’en tirer l’inspiration et l’exemple pour répondre aux questions d’aujourd’hui. Puisse la transmission aux plus jeunes leur donner la force et la volonté de faire triompher les idéaux pour lesquels André Chauvel et tous les Résistants se levèrent au péril de leur vie.

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La métamorphose du cœur de ville est en route

Les journalistes sont venus nombreux ce matin pour la visite du centre de Nantes que je leur avais proposée afin de présenter le projet « cœur d’agglomération ». Une illustration concrète de notre ambition: offrir aux habitants et aux visiteurs un cœur de ville et d’agglomération convivial et animé, moderne, fonctionnel et accessible à tous dans une ambiance libérée des nuisances de l’automobile.

De la place Graslin à l’esplanade du Château des ducs de Bretagne, du cours des 50-Otages au Carré Feydeau en passant par la place du Bouffay, le cœur historique de la ville se redessine et se transforme dans la cohérence avec l’ambition de renforcer le cœur d’agglomération.

Une quinzaine de projets d’aménagement urbain sont prévus jusqu’en 2015. Ils concernent tout à la fois l’habitat, le commerce, le tourisme et la culture, les espaces publics et les déplacements.

Une offre renouvelée de commerces et logements (20 000 m2 de surfaces commerciales supplémentaires), un espace public encore mieux partagé, une attention renouvelée au patrimoine, une offre culturelle renforcée constituent les éléments clés du renouveau de l’attractivité du centre de l’agglomération

Cette redynamisation s’inscrit dans le cadre d’une politique urbaine globale. L’extension des zones piétonnes et des aménagements cyclables conjuguée au développement du réseau de transport urbain contribue à apaiser le cœur de Nantes et à améliorer la qualité de vie. Le périmètre du centre-ville ne sera pas totalement fermé à la circulation, mais le nombre de voitures diminuera sensiblement. Des alternatives de circulation et de stationnement seront mises en place, avec notamment les nouvelles lignes Chronobus qui irrigueront le centre-ville, offrant à tous un meilleur accès.

Ces projets répondent également à l’objectif de Nantes Métropole de se doter d’un centre à la hauteur de son ambition : devenir un véritable cœur d’agglomération.

Nantes, capitale verte européenne en 2013, connaît actuellement une mutation ambitieuse pour se hisser au rang de ces villes d’Europe dotées d’une haute qualité de vie.

Je tiens à remercier les Nantais pour la patience et la compréhension dont ils font preuve. Présenté en avril 2011, ce projet de nouvel élan pour le centre-ville est entré aujourd’hui dans une phase très concrète avec la mise en route d’un nombre important de chantiers.

Le 1er octobre 2012, ce projet prendra une nouvelle forme avec la mise en service des chronobus, une nouvelle illustration de la politique des déplacements menée depuis plusieurs années. Les pièces du puzzle s’emboîtent!

 

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